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LE CORRECTEUR

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Questions sans réponses... | 01 août 2009

 

Beaucoup de Questions et peu ou pas de réponses…

Les "journalistes" aboient et la polémique passe. Pas le temps de s’attarder sur une polémique qu’une autre se prépare puis flambe inopinément. Une technique très limitée du temps des Mitterrand et Chirac devenu la norme en Sarkozie. Alors si vous avez des réponses aux questions posées, n’hésitez pas les commentaires sont là pour ça.

Liste non-exhaustive :

  1.  Où en est l’enquête sur la tentative d’attentat le 16 décembre 2008 Printemps Haussman (5 pains de plastique découverts) ?(http://www.20minutes.fr/article/282226/France-Cinq-pains-d-explosifs-retrouves-dans-un-grand-magasin-parisien.php)
  2. Que devient celle concernant Julien Coupat et les ultra-gauchistes ?
  3. Pourquoi le PCF s’est enflammé pour la burqa aussi subitement ?
  4. Pourquoi le chiffre forcément fallacieux de 367 burqa fait brusquement son apparition aujourd’hui ?
  5. Que devient l’affaire la fable du Karachi Gate (http://karachigate.blogspot.com/) ?
  6. Pourquoi Edouard Balladur ne la ramène plus avec sa réforme sur les départements ?
  7. Y a t-il encore un service public à la Poste ou tout est déjà détruit ?
  8. Pourquoi l'affaire de la fondation Hamon (http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_la_Fondation_Hamon) impliquant André Santini, Rachida Dati et Nicolas Sarkozy est-elle au point mort ?
  9. Le juge Courroye est-il un ripou ?
  10. Pourquoi notre chef d’Etat ne sait pas qu’il ne faut pas courir après le déjeuner et en plein soleil ?
  11. Comment peut-il exister un être se disant "sportif" et faisant en même temps un régime draconien pour perdre ses bourrelets ?
  12. Pour quelles raisons un homme faisait un pseudo-malaise sans gravité se retrouve interdit de voyage en avion ?
  13. Le couple Carlita/Sarkozy ne s’est-il formé que pour des raisons de communications et de gros sous ?
  14. Pourquoi ne pas légiférer sur les promesses de campagne non tenues (avec un certain % par exemple) ?
  15. La taxe carbone sauce UMP/Rocard est-elle un nouvel impôt, qui ne veut pas dire son nom, et accessoirement une vaste fumisterie par rapport à la taxe originelle des pays scandinaves ?
  16. Malgré la baisse de la TVA, pourquoi le prix d’un repas n’a pas changé d’un centime dans plus de 90% des cas et que les salariés de la restauration n’ont pas vu leur pouvoir d’achat augmenté ? 
  17. Pourquoi André Daguin, celui qui a milité pour cette baisse de TVA, a t-il fermé sa grande gueule ?
  18. Peut on parler de "collabos" concernant celles et ceux aidant le pouvoir en place à conserver son hégémonie, et à détruire le modèle français (éducation, laïcité, retraite, service public…) ?
  19. Frédéric Lefebvre devra t-il s’inscrire à Pole Emploi en septembre ?
  20. Les derniers chiffres du chômage ont-ils été produits par un générateur aléatoire ? 
  21. Doit-on laisser les Balkany et leurs variantes Serge Dassault à Corbeil-Essonnes, Maryse Joissains à Aix-en-provence continuer les délits mafieux et leurs gabegies ?
  22. Peut-on vendre le Fort de Bregançon ? Histoire de faire des économies… 
  23. Un deuxième Falcon 7X est-il nécessaire ? 
  24. Alain Marleix (http://archives.lesechos.fr/archives/2009/lesechos.fr/04/13/300342877.htm) est-il le boucher Bernard voire le Dexter du découpage électoral ? 
  25. Le cumul des mandats peut-il encore être toléré en 2009 dans une démocratie ? 
  26. Le mélange des genres privé/public, (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Cop%C3%A9) incitant à la corruption, ne doit-il pas être interdit et sanctionné par de la prison ferme ? 
  27. Est-il normal que Jean-François Copé gagne plus que Sarkozy et préfère changer de sujet ?
  28. Pour renflouer les caisses de l’Etat, pourquoi ne pas indexer les PV sur les revenus ? 
  29. Pourquoi dans l’incendie de Marseille, seul le légionnaire sous-officier responsable du tir est-il sanctionné alors qu’à Carcassonne, toute la chaîne de commandement l’a été ?
  30. Pourquoi Hervé Morin acculé de toute part n’a-t-il pas encore démissionné ?
  31. Pour le plus grand malheur des évêques l’ayant élu, pourquoi le Benoît XVI a t-il la peau si dure ?
  32. La paix et la démocratie règnent-ils en Iran ou a t-on raté un épisode ? 
  33. Les crimes contre les Yoghourts de Kouchner Ouïghours (10 000 au lieu des centaines annoncés) et ceux contre les Tibétains continueront-ils à être éludés au profit des contrats énergétiques, industriels et militaires ?
  34. Obama et la CIA se foutent-ils de notre gueule notamment aux Honduras ?
  35. Pourquoi Manuel Valls n’a t-il pas été déjà viré du Parti Socialiste (et de ce qu’il en reste) ?
  36. Manuel Valls est-il sado-maso ?
  37. Pourquoi Manuel et Ségolène ne créé pas leur propre parti chacun de leur côté ? Histoire de voir leurs capacités respectives de rassembler…
  38. Quels sont les sujets de conversation et les amis communs de Ségolène Royal et Rachida Dati ?
  39. Y a t-il un magot à Solferino expliquant l’appétit des prétendants pour le trône de Premier Secrétaire National du Parti Socialiste ?

 

Merci d’avance pour vos réponses…

Publié par bpac12 à 08:48:41 dans Censure | Commentaires (0) |

Un Rocard sinon rien ! | 01 août 2009

Plus les mensonges médiatiques sont gros, plus ça passe !

 

Nous voici encore à l'heure de l'apéro du GIEC, cette instance internationale faite d'experts en tout, en tout sauf en climatologie, visiblement. Au menu, l'éternel Rocard avec glace et gros mensonges médiatiques basés sur des projections informatiques (les projections informatiques sont comme un shaker, le résultat obtenu dépend exclusivement de ce que vous y mettez au départ).
Mettons nous tous à table, une bonne rigolade nous attend...


Visiblement, Michel Rocard (ex-premier Ministre, Ambassadeur des Pôles et Président de la CCE) s'exprime à la fin de ce doux moment poétique, le 29 juillet à 8h41, sur France Inter :

"
Le principe c'est que... la terre est protégée de radiations excessives du soleil par l'effet de serre, c'est à dire une espèce de protection nuageuse, (euh)... enfin protection.... gazeuse, qui, dans l'atmosphère, est relativement opaque aux rayons du soleil et quand nous émettons du gaz carbonique ou du méthane ou du protoxyde d'azote (un truc qu'il y a dans les engrais agricoles), on attaque ces gaz. On diminue la protection de l'effet de serre et la planète se transforme lentement en poêle à frire. Le résultat serait que les arrières-petits enfants de nos arrières-petits enfants ne pourront plus vivre. La vie s'éteindra à 7 ou8 générations, ce qui est complètement terrifiant. Alors pour faire ça, il faut diminuer ce qu'on émet comme oxyde de carbone (sic !) et on a commencé à attaquer les grandes... sources qui sont la production d'électricité et les productions comme les ciments etc..."

Merde, le Rocard était trop dosé, il a confondu l'effet de serre avec la couche d'ozone... Il a juste 20 ans de retard. Mais bon, ne soyons pas trop sévère, c'est souvent que l'heure de l'apéro est sujet à une douce mélancolie où les bons souvenirs sont édulcorés par les vapeurs hilares et pétillantes. N'empêche que, Michel, tout de même, en Ambassadeur des Pôles, tu aurais dû mettre un peu plus de glace. Je ne sais pas qui sont tes conseillers, je ne sais pas si sucer la glace, c'est pomper, mais lorsqu'on rentre dans le jeu de la propagande médiatique, il faut que ce soit gros, certes, plus c'est gros, plus ça passe. Mais là, c'est gigantesque...

Ca passe aussi?... Visiblement, les arguments à côté de la plaque, oui, les taxes qui vont avec, un peu moins.

Faut dire, Michel, que c'est pas difficile. Tu regardes les mesures de CO
(ce que nous rejetons en respirant, entre autre, et non CO, très toxique) :


Ensuite, tu regardes les températures globales terrestres :


Tu nettoies bien tes lunettes Michel, et tu me dis si tu vois une quelconque corrélation entre ces deux tableaux. Tu me dis si tu vois une quelconque montée progressive de la température comme promise par le GIEC, à l'instar de la montée progressive du CO2.

Puisque je t'aime bien, Michel, puisque tu nous as tous invités à l'apéro et fait franchement rigoler avec ta taxe carbone (c'est un rire jaune, normal), je vais te montrer deux petits graphiques pour éclairer ta lanterne. Le premier, c'est la corrélation entre l'effet d'El Nino (en foncé  et les température de la basse troposphère (en clair).


Là, Michou, on peut parler d'une certaine corrélation, si ce n'est une corrélation certaine. Puis, je vais te montrer la corrélation entre température de l'hémisphère Nord et activité solaire :


Voilà, Michel, l'apéro est bientôt fini, tu retournes au boulot, tu vires tes conseillers et tu en prends des sérieux, des compétents, ça t'évitera de dire de telles conneries à la radio. Et ta taxe carbone, celle qui sera intégralement compensée (on va créer de nouvelles taxes pour en baisser d'autres !), tu sais ce que tu en fais de ta taxe carbone, hein?

Fais pas la gueule, Michel, c'est pour rire. Allez, à la tienne !

Publié par bpac12 à 07:47:27 dans Désinformation | Commentaires (0) |

On aimerait que les Médias nous en disent plus sur la base d'Abu Dhabi | 01 août 2009

Le "traité du fou" avec Abu Dhabi

 

Sarkozy engage militairement la France aux côtés des émirats.

Sarkozy a installé en douce pendant la campagne électorale européenne une base militaire à 220 Kms des côtes iraniennes dans un pays totalitaire, raciste, sexiste, auquel il lie le sort de la France. Choix honteux et risque grave.

Bling-bling n’est pas seulement un danger pour tout ce qu’il y a de social dans notre République Française, il est un danger pour la République tout court. À peine avait-il nommé en 2007, le transfuge Bernard Kouchner, comme ministre des affaires étrangères, que celui-ci avait annoncé qu’il "fallait se préparer à la guerre contre l’Iran". C’était clair. Foutu criminel potentiel ! Ils rêvaient alors, eux qui avaient la nostalgie d’avoir "raté" l’Irak, d’accompagner Bush dans une nouvelle croisade d’ingérence contre les "armes de destruction massive".

Depuis janvier 2009, Barak Obama propose une autre approche au Moyen-Orient, mais il n’y a pas que le gouvernement israélien qui fait tout pour s’y opposer, il y a aussi le très guerrier et incontrôlable Sarkozy.

Le lobbying pour faire échouer toute négociation avec l’Iran tourne à plein régime à Tel-Aviv comme à Paris. Et le voyage à Abu Dhabi pour essayer d’y vendre 60 Rafales, d’y installer 500 militaires français à demeure, d’y construire une centrale nucléaire, d’y créer pour la première fois depuis 60 ans, une base militaire française, une base navale avec un quai de 300 mètres, de type impérialiste dans une région où règnent les plus fortes tensions au monde, ce n’est pas une petite affaire.

Car Sarkozy va jusqu’à déclarer aux Emirats Arabes Unis, (6 millions d’habitants, 1/5e des réserves d’hydrocarbures, proche du détroit d’Ormuz, où passent 40% du pétrole du monde), que "La France, dans le long terme, est aux côtés de ses amis : s’il devait leur arriver quoi que ce soit, nous serions à leurs côtés !"

Pareil engagement vis-à-vis d’un pays au centre de l’œil du cyclone est à peine pensable (sauf par un fauteur de guerre délibéré). Sarkozy qui a déjà envoyé 1000 jeunes hommes de plus se faire tuer en Afghanistan, engage, en plus, la France dans un accord de défense, "un partenariat de sécurité", contre l’Iran si "la souveraineté, l’intégrité territoriale, et l’indépendance des Emirats Arabes Unis sont affectés". Rien que cela ! "Si l’Iran vous attaquait, nous serions attaqués aussi". "Ça flatte son ego" persifle le Canard Enchaîné, mais ce n’est pas drôle car cela peut éventuellement nous entraîner vers le gouffre ! Claude Angeli fait parler des officiers et experts militaires qui discernent un "comportement à risque".

Tout cela pour vendre les avions Dassault ? Une note du Ministère de la défense (Hervé Morin) précise que cela n’a pas vocation "à être ratifié par la voie parlementaire", même pas à faire l’objet d’un débat. Ainsi sans contrôle démocratique, la "main invisible" non pas du marché, mais de Sarkozy nous enferme dans un possible et terrible piège. Le Monde (éditorial du 28 mai) souligne que la France "va se trouver au centre des plaques tectoniques qui font trembler la région" : retrait annoncé des Etats-unis d’Irak, renforcement de l’engagement de l’OTAN en Afghanistan, volonté de l’Iran de devenir une puissance nucléaire, enfin risque de déstabilisation du Pakistan, autre puissance nucléaire, (ainsi qu’Israël) sans oublier le conflit israélo-palestinien". "Le risque pris par la France est à la hauteur de ces menaces", conclut Le Monde qui ne trouve qu’une chose à regretter, c’est que cette démarche n’entraîne pas toute l’Europe…

Les Emirats Arabes Unis sont barbares et moyen-âgeux

Les Nations unies réclament d’eux :
 1) d’aller vers l’élimination des discriminations raciales et vers la liberté des religions et des croyances ;
 2) d’adopter des mesures permettant la création d’associations de syndicats et de partis politiques ;
 3) d’abolir la peine de mort (toujours en vigueur) ;
 4) de rompre avec le refus de signer les conventions pour les droits des femmes ;
 5) de cesser de refuser toute tolérance à l’égard de l’homosexualité ;
 6) de cesser de refuser le droit de grève et d’action collective des salariés ;
 7) de cesser de refuser d’étendre les règles du travail aux domestiques étrangers (esclavage forcé) ;
 8) de cesser de refuser une législation sur le mariage et le divorce.

Les EAU sont accusés de discrimination raciale systématique contre leur population immigrée (90% de leur population travailleuse). Voilà le pays totalitaire, raciste, sexiste, auquel Sarkozy nous lie à la vie, à la guerre !

Publié par bpac12 à 07:30:08 dans Censure | Commentaires (0) |

Alerte ! Silence Médias sur l'épuration rampante en France concernant ceux qui ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens ! | 08 juillet 2009

"La France vit une épuration sourde de ceux qui ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens"


Interview d’Aymeric Chauprade, éditeur de science politique et d’histoire depuis 1994 et professeur de géopolitique depuis 1999, Aymeric Chauprade est également consultant international pour de grands groupes français ou pour des États sur les contentieux géopolitiques.

Il a publié plusieurs ouvrages, notamment "Géopolitique, constantes et changements dans l’histoire" (Éd. Ellipses), devenu un manuel de référence, et plus récemment "Chronique du choc des civilisations" (février 2009, Éd. Dargaud), qui a provoqué son éviction brutale de sa chaire de géopolitique. 


Hugues Wagner : On vous a accusé d’être un partisan de la théorie du complot alors que vous n’êtes pas réputé comme tel. Que s’est-il passé ?

Aymeric Chauprade : Tout est parti d’un article de Jean Guisnel dans l’hebdomadaire français "Le Point " du 5 février 2009, qui a demandé ma tête au ministre de la Défense parce que j’ai osé faire écho aux théories non conformistes sur le 11 septembre 2001. Mon dernier ouvrage commence en effet par un chapitre sur le 11-Septembre. J’ai voulu montrer que le choc des civilisations, c’est d’abord le fait qu’une immense partie de l’humanité, en dehors du monde occidental, ne croit pas à la version officielle de cet événement donnée par le gouvernement américain et qui est devenue la version obligatoire des médias occidentaux. Dans "Chronique du choc des civilisations" (qui est un atlas de géopolitique mondial et pas du tout un livre limité au 11 septembre), je propose la synthèse, à ma connaissance la plus aboutie qui existe à ce jour, de ce qui pourrait être un scénario alternatif à la version officielle. Je ne prends pas parti. J’expose les arguments des tenants de cette théorie dite du complot et je ne conclus pas. Je reste prudent. Mais mon "crime" est d’avoir osé présenter de manière crédible et donc convaincante ces éléments de contestation de la version officielle. Je suis un scientifique, j’ai une première formation de sciences mathématiques et physiques avant d’être passé à la science politique. Pour avoir creusé le sujet (surtout aux États-Unis) et pour avoir beaucoup parlé de cela avec des experts français du renseignement (qui eux ne parlent pas mais n’en pensent pas moins), je peux vous dire que j’ai des doutes plus qu’importants quant à la version officielle. En tout cas, je ne vois pas au nom de quoi il serait interdit de penser sur ce sujet. On aurait le droit d’imaginer des choses horribles sur les musulmans ou sur n’importe quelle civilisation, mais dès que cela touche aux Américains, et plus encore à Israël, c’est quasiment un crime contre l’humanité que d’imaginer que des cyniques aient pu concevoir un tel crime.


Hugues Wagner : Vous venez de faire suspendre, par le tribunal administratif, la décision du ministre. Pouvez-vous à nouveau donner des cours ?

Aymeric Chauprade : Après un premier référé, nous en avons fait un deuxième en montrant que la décision menaçait mon économie personnelle. Le juge des référés a jugé qu’une liberté fondamentale, celle des droits de la défense, avait été gravement bafouée. Je suis tombé sur un juge indépendant et juste, dans une France de plus en plus verrouillée médiatiquement et politiquement. Même quand tout est verrouillé, il faut toujours croire en la France. Conséquence : théoriquement je peux reprendre mes cours. Évidemment, dans la pratique c’est plus compliqué. Le ministère de la Défense va devoir dire clairement quelle faute j’ai pu commettre. En réalité, tout le monde sait que la vraie raison de mon éviction est que j’étais le dernier représentant, dans les institutions de défense, de la ligne gaulliste en politique étrangère. Je suis pour un monde multipolaire et non pour cette folle politique de "l’Occident contre les autres" que représentent ceux qui sont au pouvoir maintenant en France.


Hugues Wagner : Quelles ont été les réactions de vos élèves et collègues, notamment du Collège Royal Militaire Supérieur du Maroc, où vous enseignez ?

Aymeric Chauprade : Je suis extrêmement touché par les très nombreuses manifestations de solidarité que j’ai eues. Pas seulement l’immense majorité des officiers français de l’École de guerre, mais aussi les étrangers. Les stagiaires africains étaient très en colère notamment, ceux des pays arabes aussi. J’ai reçu, plus discrètement des témoignages d’amitié venant de pays asiatiques. Mon éviction est interprétée, à juste titre, comme la manifestation évidente de la rupture de la France avec les fondamentaux de sa politique étrangère d’équilibre. J’attends de voir ce que va faire le Collège des forces armées Royales du Maroc. J’y enseigne depuis six ans et j’ai toujours donné satisfaction. On aimait à Rabat ma liberté d’expression. Je suis employé directement par les Marocains et non par la partie française. Normalement, le Maroc n’étant plus un protectorat, je m’attends à ce que rien ne change, malgré les pressions.

Hugues Wagner : Que pensez-vous de la réintégration par la France du commandement de l’Alliance atlantique (Otan) ?

Aymeric Chauprade : Elle est contraire à l’intérêt de la France et nous n’avons pas eu de véritable débat sur ce sujet à l’échelle nationale. Je suis frappé de constater à quel point les médias français sont verrouillés par les relais d’influence américain et israélien qui ont totalement neutralisé toute possibilité de débat. Depuis la sortie de ce commandement en 1966, il y avait un consensus de droite et de gauche. La "valeur ajoutée" de la France sur la scène internationale tenait en partie à cette position singulière, à cet héritage de la troisième voie, j’ose dire de non-alignement, car si la France est bien d’Occident, elle ne doit pas pour autant réduire sa politique mondiale à une politique occidentale. Sa vocation est de défendre l’équilibre multipolaire, pour que toutes les civilisations aient leur place dans l’Histoire.


Hugues Wagner : Une alliance est-elle dirigée contre un objectif, la Russie, la Chine, l’Iran, le terrorisme ?

Aymeric Chauprade : Les Américains ont remplacé la lutte contre le communisme par celle contre le terrorisme. Cette nouvelle idéologie vise à coaliser les anciens alliés de la guerre froide. Logiquement, il aurait dû y avoir une Europe puissante après la guerre froide. Or, qu’avons-nous aujourd’hui ? Une Europe certes économique, mais géopolitiquement parlant composante d’un bloc transatlantique dominé par les États-Unis. Le président Chirac a tenté de s’opposer à cela avec son acte courageux en 2003 avec l’affaire d’Irak. Je suis convaincu que ce qui se passe aujourd’hui est le retour de bâton de 2003. Les Américains se sont dits : "Ces Français se sont opposés sur l’Irak ; c’est un raté, changeons les choses en France et ils ne s’opposeront pas demain sur l’Iran".


Hugues Wagner : L’ancien premier ministre français Dominique de Villepin a déclaré que l’Otan était "totalement sous contrôle américain". Est-ce votre avis ?

Aymeric Chauprade : Il a raison. Villepin a été l’honneur de la France à la tribune de l’Onu en 2003. Aujourd’hui, comme d’autres, il a raison de rappeler cette évidence : après la disparition du Pacte de Varsovie, l’Otan aurait dû disparaître. Elle n’a pas disparu parce que cela a été, dès 1990, une priorité des États-Unis de l’étendre et de la renforcer. L’organisation de l’Europe centrale et orientale va de pair avec l’élargissement de l’Union européenne. Et les Américains, voyant que l’Allemagne poussait pour reconstruire son espace d’influence à l’éclatement de la Yougoslavie, ont compris qu’il y avait là un potentiel de guerre susceptible de redonner une raison d’exister à l’Otan. Avec la Yougoslavie, l’Otan a glissé vers la guerre d’ingérence manichéo- humanitaire…


Hugues Wagner : Est-il vrai que vous défendez une théorie du choc des civilisations, notamment au travers d’une opposition entre l’Europe (Russie incluse) et l’islam ?

Aymeric Chauprade : Les civilisations sont un facteur important de l’Histoire mais je ne réduis pas l’Histoire au choc des civilisations. Les civilisations existent, on ne peut le nier. Et dans la longue durée, la problématique de la hiérarchie de puissance entre les civilisations est une réalité. L’Occident européen est devenu moteur de la mondialisation au XVIe siècle et a supplanté l’islam en le contournant grâce à l’ouverture des grandes routes maritimes qui ont permis d’atteindre l’Asie. Aujourd’hui, peut-être que l’Asie est en train de prendre la tête de la mondialisation et que ce qui nous menace est une guerre de l’Amérique n’acceptant pas son déclassement. Jacques Sapir soutient, très intelligemment, que si l’Amérique n’arrive plus à faire l’ordre américain elle fera le désordre… Je crois à ces réalités-là. Donc il n’y a pas que l’islam et les Européens ; ces rapports de force entre civilisations existent aussi entre Chinois et Indiens, entre Indiens hindouistes et musulmans, etc. Je crois qu’Européens et Russes ont un destin commun à construire et qu’ils doivent bâtir un rapport équilibré avec le monde musulman. La France doit développer une politique arabe intelligente car équilibrée. Les Russes ont l’expérience de l’islam caucasien et centre-asiatique depuis le XVIIIe siècle alors que les Américains n’y comprennent rien.

Hugues Wagner : Certains prétendent que vous pourriez avoir été victime d’une "campagne d’épuration" menée par un cercle néoconservateur proche du pouvoir comme l’auraient été les journalistes Richard Labévière de RFI, ou Moktar Gaoud et Agnès Levallois de France 24…

Aymeric Chauprade : Ce n’est pas une supposition c’est un fait avéré. La France est en train de vivre une épuration douce et sourde (regardez mon cas : alors que j’ai gagné contre un ministre, aucun quotidien national n’en a fait état) de tous ceux dont la pensée va à l’encontre des intérêts d’Israël et des États-Unis. Cela peut paraître difficile à croire, mais c’est pourtant la vérité. Qu’il s’agisse de gens de gauche ou de la droite conservatrice, tous ceux qui "tombent" ont un point commun : leurs analyses ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens.

Publié par bpac12 à 11:24:58 dans Censure | Commentaires (0) |

Silence médias sur la vérité au Honduras : Coup d'Etat des USA | 08 juillet 2009

Le premier coup d’État militaire de l’administration Obama !

Le SouthCom prend le pouvoir dans un État membre de l’ALBA

En remettant en question la présence militaire US à Soto Cano et en adhérant à l’ALBA, le Honduras a suscité la colère de Washington. Des militaires formés à l’École des Amériques et encadrés par des conseillers US ont renversé le président constitutionnel Manuel Zelaya et ont installé à sa place son rival de toujours au sein du parti libéral, Roberto Micheletti. Voici les enjeux de cette confrontation qui marque la volonté de l’administration Obama de reprendre en main l’Amérique latine.

Roberto Micheletti, président du Congrès et rival de toujours de Manuel Zelaya au sein du Parti libéral, salue les députés qui viennent de le désigner président du Honduras.

Nul ne pensait que la crise opposant le Honduras aux États-Unis pourrait se conclure par un coup d’État militaire. Washington semblait avoir renoncé à ces méthodes, quoique l’administration Bush ait encore récemment soudoyé des militaires pour renverser le président constitutionnel du Venezuela (12 avril 2002) et qu’elle ait envoyé les forces spéciales enlever elles-mêmes le président constitutionnel d’Haïti (29 février 2004). Mais les communicants de la Maison-Blanche avaient suffisamment mis en scène le large sourire du sémillant Barack Obama pour que l’opinion publique internationale ait cru que les États-Unis avaient changé et qu’ils avaient abandonné leur ambition impériale.

Les cinq États de l’ex-République fédérale d’Amérique centrale (Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras et Nicaragua) offrent un intérêt stratégique particulier puisqu’ils forment le lieu de passage entre deux continents et deux océans. Cependant, aucun de ces États ne dispose de ressources particulières. Par contre, chacun d’entre eux peut être utilisé pour contrôler la zone. Ainsi durant la révolution sandiniste au Nicaragua, Washington utilisa le Honduras comme base arrière de la contre-révolution. Sous la direction de John Negroponte, l’ambassade des États-Unis à Tegucigalpa était devenue le quartier général des "contras" nicaraguayens et de leurs escadrons de la mort. Dans cette perspective, l’évolution anti-impérialiste du Honduras, après le retour au pouvoir des Sandinistes au Nicaragua, représentant moins un problème en soi qu’un danger de "contamination".

En quoi donc l’évolution du domino hondurien représentait-il un tel danger que Washington décide de recourir aux vieilles méthodes au risque d’anéantir tous ses efforts de communication ?

La présidence de Maduro et les élections de 2007

Comme toute l’Amérique centrale, le Honduras est en proie aux maras (gangs), dont le plus célèbre est le Mara Salvatrucha. Il s’agit de bandes d’enfants, asservis par la dépendance aux drogues et organisés selon des rites mystico-criminels. Ils commettent toutes sortes de violences, parfois d’une barbarie inouïe, et dans certains cas de vrais massacres.
En 2001, le candidat nationaliste Ricardo Rodolfo Maduro Joest avait été élu pour lutter contre le crime, après que son fils de 25 ans eut été enlevé, torturé et assassiné. Les obsèques du jeune homme s’étaient muées en manifestation nationale. Dès son accession à la présidence, Ricardo Maduro avait ordonné de spectaculaires opérations anti-gangs. Il avait développé l’arsenal des policiers et avait fait sortir les militaires des casernes pour leur prêter main forte. Soutenu par la démocratie chrétienne, il avait fait adopter une loi condamnant à 5 ans de prison minimum la simple appartenance à un mara. Bien que la loi ait été copiée au Guatemala et au Salvador, elle fut ultérieurement invalidée par la Cour constitutionnelle car elle rendait des individus responsables par association de crimes qu’ils n’avaient pas commis. Ces mesures firent exploser la population carcérale et se soldèrent par des mutineries sanglantes dans les prisons. En définitive, faute de traiter les causes sociales de ce phénomène de masse, ces initiatives n’enrayèrent pas la propagation du crime.
En 2007, le candidat nationaliste à sa succession, « Pepe » Lobo, considèrait que les maras ne peuvaient être éradiqués qu’au travers d’une guerre. Dans une sorte de surenchère, il proposa donc de rétablir la peine de mort par référendum avec possibilité de la prononcer collectivement contre les gangs. Cependant, une étude menée au Salvador voisin avait montré que 51,9 % de ces criminels ont entre 11 et 15 ans. Le Honduras aurait donc du tuer nombre de ses propres enfants. À l’opposé, le candidat libéral, Manuel Zelaya, proposait une approche plus raisonnable, non seulement fondée sur la répression, mais incluant de vrais tentatives d’éducation et d’insertion de ces enfants.

Le bilan du président Ricardo Maduro était également discutable au plan économique.
Ancien gouverneur de la Banque centrale et brillant homme d’affaire (concessionnaire Xerox et directeur du fonds d’investissement La Paz), Maduro a négocié avec le FMI et le Club de Paris la réduction de la dette, mais en contrepartie, il a été obligé d’augmenter les taxes et de réduire le nombre de fonctionnaires ; une politique qui a exclusivement pesé sur les classes moyennes. Il a aussi fait adhérer son pays à l’Accord de libre-échange États-Unis/Amérique centrale, sans rencontrer d’opposition politique prticulière, malgré les conséquences désastreuses pour les petites exploitations agricoles. Les excellentes relations du président Maduro avec son homologue états-unien, George W. Bush, se concrétisèrent avec l’envoi de 370 hommes en Irak, où ils servirent avec les Espagnols dans la zone placée sous administration polonaise. Toutefois, il fut politiquement contraint de retirer ce contingent lorsque l’Espagne de Zapatero se retira. Au demeurant, le mandat de Ricardo Maduro se termina dans une ambiance grotesque avec un divorce à grand spectacle.
Le libéral de gauche José Manuel Zelaya Rosales proposa une alternative séduisante. Pour faire des économies budgétaires, il entendait réduire le train de vie de l’État plutôt que de fermer des services publics. Pour augmenter les recettes de l’État, il proposa de faciliter l’emploi dans les secteurs à forte main d’œuvre. Pour lutter contre la criminalité juvénile, il annonça son intention de doter toutes les écoles d’ordinateurs et de rendre l’instruction publique gratuite pour tous.

En 2007, lors d’un scrutin à un seul tour, les électeurs l’élirent avec 49,9 % des voix, et lui donnèrent 48,4 % des sièges au Congrès (la chambre unique). Son principal concurrent, le nationaliste de droite Porfirio Lobo Sosa, n’obtint que 46,2 % des voix et 42,9 % des sièges au Congrès. Les résultats étaient si serrés qu’ils furent contestés, pour être enfin validés après deux semaines d’incertitudes. Trois petits partis se sont retrouvés en position d’arbitres au Congrès : l’Union démocratique, la Démocratie chrétienne et enfin Innovation et unité.

Élection présidentielle
(27 novembre 2009)
Élections législatives
(27 novembre 2009)
José Manuel Zelaya Rosales
49,90 % des suffrages exprimés
Partido Liberal
62 sièges
Porfirio Lobo Sosa
46,2 % des suffrages exprimés
Partido Nacional
55 sièges
Juan Ángel Almendares Bonilla
1,5 % des suffrages exprimés
Unificación Democrática
5 sièges
Juan Ramón Martínez
1,4 % des suffrages exprimés
Democracia cristiana
4 sièges
Carlos Sosa Coello
1,0 % des suffrages exprimés
Innovación y Unidad)
2 sièges

La présidence de Manuel Zelaya

Rien ne laissait prévoir que le rancher Manuel Zelaya entrerait en conflit ouvert avec Washington, d’autant que la majorité relative dont il disposait n’encourageait pas à une rupture politique. En premier lieu, Zelaya a poursuivi la décentralisation qu’il avait initié lorsqu’il avait occupé des fonctions ministérielles par le passé. Il s’agissait de rapprocher les centres de décision des citoyens pour renforcer le pouvoir populaire et la transparence. Cette réforme a fait surgir un clivage entre la classe politique corrompue de la capitale et les nouveaux notables locaux. Elle a aussi mis en lumière le contrôle par les militaires d’une partie de l’économie.

Surtout, Manuel Zelaya annonça en juin 2006 que la base aérienne de Soto Cano, abritant un contingent US, serait affectée au trafic commercial. Devant la réaction du Pentagone, le ministre de la Défense hondurien envisagea de reculer en évoquant un coût d’équipement trop important, mais le président Zelaya maintint sa décision. Officiellement Soto Cano est une petite base avec 190 militaires et 730 personnels civils. Sa piste est la seule d’Amérique centrale capable d’accueillir de gros transporteurs de troupes. Fort Bravo est la seule antenne du SouthCom hors USA. Surtout, Soto Cano est une base d’écoute reliée à deux unités secrètes Cerro La Mole et Swan Island. Ce dispositif est indispensable au renseignement militaire US dans la région. Curieusement, aucun traité n’a jamais été signé entre les deux pays pour préciser le statut de ces installations.

Alors que le président jouissait d’une forte popularité, une soudaine campagne de presse l’accusa de ne pas tenir ses promesses, d’être incapable d’améliorer le niveau de vie et de juguler le crime. De fait, il ne pouvait protéger le pays de la hausse mondiale des prix du pétrole, tandis que quantité de reportages à sensations donnaient l’impression d’une explosion des maras. Manuel Zelaya y répondit en contraignant les médias audiovisuels privés à retransmettre plusieurs heures d’interviews de membres de son gouvernement.

Washington manifesta son irritation en diminuant ses programmes d’aide à la population, mais maintint ses programmes de sécurité. Les États-Unis accordent en effet des moyens importants au Honduras pour qu’il réalise sur son territoire des éléments de ses plans de lutte contre le crime organisé, le trafic des stupéfiants et le terrorisme. Washington finance par exemple l’équipement high tech de Puerto Cortés pour que tous les containers qui y transitent à destination des États-Unis soient scannés.

Au demeurant, Washington dispose de puissants moyens de pression sur Tegucigalpa. Si 7 millions de Honduriens vivent ans leur pays, près d’1 million supplémentaire vit aux États-Unis, notamment depuis les dévastations dûes au cyclone Mitch, en 1998. 78 000 d’entre eux ont un statut temporaire, plusieurs fois renouvelé, et peuvent faire l’objet de reconduite à la frontière sur simple décision administrative.

Le président continua son action contre la corruption, contraignant plusieurs hauts fonctionnaires à la démission. En retour, certains d’entre eux commencèrent à comploter. On découvrit que l’ancien directeur de la compagnie de téléphone publics avait placé le président sur écoute.

Tandis qu’éclatait aux États-Unis la crise des subprimes et que l’on assistait au renchérissement mondial des aliments de base, le président Zelaya s’est logiquement tourné vers l’Alternative bolivarienne des Amériques (ALBA), une organisation inter-gouvernementale initiée par le Venezuela. Celle-ci garantit la sécurité alimentaire et énergétique de ses membres, et coordonne en outre des programmes de Santé publique. Cette décision rencontrait un fort soutien populaire, mais suscitait l’inquiétude des classes moyennes déjà frappées par la politique économique de Maduro, puis par la crise économique mondiale.
Le 25 août 2008, Manuel Zelaya rendait hommage au « Guérillero héroïque » Ernesto Che Guevara et, devant une foule de 100 000 personnes, signait à Tegucigalpa l’adhésion de son pays s à l’ALBA en présence des présidents bolivien, Evo Morales, nicaraguayen Daniel Ortega, vénézuélien Hugo Chavez, et du vice-président cubain Carlos Laje. Le président dominicain Leonel Fernández s’était fait représenter.

Le Honduras venait de basculer du côté des nations rebelles.

Le coup d’État militaire

Des officiels US ont admis auprès du New York Times être entrés en contact avec les putschistes ces derniers jours, mais (selon eux) en vue de les dissuader de faire un coup. Selon ce témoignage, ces contacts auraient cessé dimanche (c’est-à-dire alors que le coup avait commencé).

Or, la petite armée hondurienne est entièrement équipée, formée et encadrée par les États-Unis. Elle obéit certes à son chef, le président de la République, puis à son chef d’état-major. Mais en pratique, elle est largement contrôlée par le SouthCom depuis Soto Cano et Miami. Précisément, le Pentagone a précipitamment installé le nouveau commandant du SouthCom, le général Douglas M. Fraser, jeudi dernier, pour suivre le coup.

Quoiqu’il en soit, l’opération a été conçue de longue date. Comme l’attaque des bâtiments officiels moldaves, le nettoyage de la vallée de Swat, l’extermination des Tigres tamouls ou la "révolution verte" en Iran, elle a été planifiée par l’administration Bush, puis confirmée et exécutée par l’administration Obama, après avoir été habillée des oripeaux de la légalité.

La tension s’est concentrée lorsque le président Zelaya a convoqué (pour le dimanche 28 juin) un référendum autorisant l’élection d’une assemblée constituante. Immédiatement, une campagne de presse internationale a été initiée pour présenter cette initiative comme exclusivement vouée à autoriser Manuel Zelaya à briguer immédiatement un second mandat. Ce qui est faux, puisque l’élection de l’assemblée constituante aurait eu lieu le jour de la prochaine élection présidentielle et que la constitution n’aurait pu être modifiée que beaucoup plus tard. Le président n’aurait donc pas pu être candidat à sa propre succession. Mais après avoir accusé mensongèrement Hugo Chavez de vouloir être "président à vie", il fallait accuser son allié Manuel Zelaya de marcher sur lui aussi vers la dictature.

Le 23 juin, le Congrès a adopté une loi constitutionnelle interdisant un référendum à moins de 180 jours de l’élection présidentielle. La Cour suprême a déclaré le référendum illégal (mais pas anti-constitutionnel) bien que la loi de modification soit elle-même anticonstitutionnelle. Toutefois, s’appuyant sur cette décision le chef d’état-major, le général Romeo Vasquez, a bloqué l’organisation du référendum. Le président s’est alors rendu lui-même sur une base militaire pour "délivrer" le matériel électoral et a révoqué le chef d’état-major pour insubordination. Comme tous les golpistes latino-américains, le général Romeo Vasquez a été formé par les USA à l’École des Amériques, de sinistre réputation.

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La base de Soto Cano est aujourd’hui commandée par le colonel Richard A. Juergens. Il aurait dirigé l’enlèvement du président haïtien Jean-Bertrand Aristide lorsqu’il était directeur des opérations spéciales du Special Operations Command.

Dimanche 28 juin 2009, vers 5 h 30 du matin (heure locale), l’électricité et les lignes téléphoniques filaires et hertziennes ont été coupées. Des commandos encagoulés ont investi la résidence du Président de la République et l’ont contraint à les suivre. Il a été expulsé vers le Costa Rica en pyjama. Au moins huit ministre, dont la ministre des Affaires étrangères, ainsi que diverses personnalités, dont le maire de San Pedro Sula (la seconde ville du pays) ont été arrêtés. Lorsque l’électricité a été rétablie, les médias audio-visuels ont annoncé que le couvre-feu était décrété et le référendum et les offices religieux dominicaux annulés.
Dans l’après-midi, les députés ayant été autorisés à circuler, le Congrès s’est réuni en séance extraordinaire. Le président de la Chambre, Roberto Micheletti, a donné lecture d’une lettre, datée du vendredi 26 juin, du président Manuel Zelaya donnant sa démission. Personne ne s’est étonné de cette missive anti-datée. Constatant la vacance de la présidence, le Congrès a désigné son président comme président de la République. De son côté, la Cour constitutionnelle a précisé dans un communiqué orwellien que l’armée avait défendu la Constitution et empêché le président Zelaya de faire un coup référendaire. La Cour a soutenu que le chef d’état-major avait certainement bloqué le référendum en toute légalité, s’il avait agit sur ordonnance d’un juge.

Afin que nul n’ignore le véritable enjeu de cette opération, les militaires ont placé aux arrêts les ambassadeurs ou chargés d’affaire des États membres de l’ALBA. La technique utilisée pour le coup n’est pas sans rappeler celle d’Haïti en 2004 contre le président Jean-Bertrand Aristide : enlèvement au petit matin par des soldats encagoulés et apparition d’une lettre de démission.

La manière dont les agences de presse atlantistes ont relaté mensongèrement le contentieux électoral pour donner une apparence de légalité au coup d’État montre la préméditation de l’opération par Washington. Le traitement du coup lui-même, en occultant l’enjeu central de la base de Soto Cano et les liens entre militaires honduriens et états-uniens, manifeste une volonté de dédouaner l’administration Obama.

Publié par bpac12 à 09:40:21 dans Medias | Commentaires (0) |

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